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Les années 1930 : la Grande Dépression

Dans les années 30, comme d’autres fournisseurs de services publics, Bell est considérablement affectée par la Grande Dépression. En 1930, malgré les difficultés financières, la compagnie continue d’améliorer ses services, élargissant son réseau à de nouveaux territoires partout au pays, incluant 16 nouveaux centraux automatiques (système pas-à-pas mettant en lien les abonnés du téléphone entre eux sans l’aide d’une téléphoniste).

Dans les années 1920 et jusque dans les années 1930, les encarts publicitaires comme ceux ci-dessous s’avèrent efficaces pour informer un grand nombre de consommateurs à propos des plus récentes technologies et des avantages du service téléphonique.

Alors que Bell entre dans les années 1930, le service longue distance devient de plus en plus accessible, et c’est pourquoi on en fait abondamment la promotion. Plusieurs publicités de l’époque s’adressent aux gens ayant des enfants qui fréquentent l’école à l’extérieur de la ville, ou encore des amis ou membres de la famille qui travaillent dans différents endroits au pays. Bell entreprend également de faire produire des publicités qui présentent des scènes de la vie quotidienne, incluant la campagne publicitaire mettant en vedette « La famille Lebon », alors que le père procure « la tranquillité d’esprit à sa famille à peu de frais » en appelant à la maison lors de son absence.

Durant la Grande Dépression, Bell réduit également certains de ses tarifs afin d’aider les Canadiens qui éprouvent des difficultés financières. Les rabais offerts pour les appels longue distance, qui étaient généralement appliqués le soir, sont désormais disponibles toute la journée du dimanche. Dans les journaux des petites communautés rurales, on encourage les fermiers à s’abonner au service téléphonique en faisant la promotion des tarifs réduits et de la commodité du téléphone. D’autres publicités incitent les membres de la famille occupant un emploi de faire leur part en payant une partie de la facture de téléphone. Ce dernier, d’un point de vue social, devient vite une nécessité pour les jeunes personnes.

Durant les années 1930, la radio et les magazines rivalisent avec les journaux pour attirer l’attention du public. Le directeur de la publicité de Bell de l’époque, C.E. Fortier, privilégie les publicités diffusées dans les journaux, affirmant que « ce sont les journaux que nous devons continuer d’utiliser comme véhicule principal pour raconter notre histoire au public. » En 1933, le département de publicités de Bell renouvelle complètement ses illustrations dans les journaux pour une campagne utilisant des modèles en pâte à modeler plutôt que des photos de personnes. Ces nouvelles publicités novatrices et attirantes pour l’œil suscitent alors beaucoup d’attention.

Le 25 janvier 1931, un effort coordonné de Bell et du Réseau téléphonique transcanadien permet aux clients d’effectuer un appel d’un bout à l’autre du pays grâce à une ligne téléphonique exclusivement canadienne, partant d’Halifax jusqu’à Vancouver. À l’été 1932, Bell, la Canadian Marconi Company et le British Post Office collaborent afin d’offrir un service téléphonique vers l’Angleterre au moyen d’un système d’ondes radio britannique, éliminant ainsi la nécessité d’utiliser l’équipement de la compagnie américaine AT&T. Lancé peu de temps après, le service de conférence téléphonique de Bell fait l’objet d’une importante médiatisation, alors que les publicités de la compagnie encouragent les familles à planifier des temps de rencontre afin de prendre des nouvelles régulièrement au moyen du téléphone.